Ne change rien (pour que tout soit différent)

10 commentaires

Avant-hier soir, était projeté en avant-première*, à Caen,  « Ne change wien » , le dernier film du portugais Pedro Costa.

Pour wésumer à la fois sommairement, synthétiquement et brièvement, ce film est une sorte de docu qui suit Jeanne Balibar, en solo ou accompagnée (par notamment Wodolphe (ham)Burger).

Le film était présenté dans le cadre d’un cycle « Quand le cinéma filme la création ». Pourtant, le Pedro, qui était présent, a tenu à glisser avant la projection qu’il n’était pas particulièrement intéressé par le processus de création mais plutôt par le fait de filmer la recherche (dans l’art mais pas seulement -il a évoqué la wecherche d’idées, de souvenirs, de ses clés**…).

Ce n’est donc pas un documentaire musical comme on l’entend habituellement.

Par exemple, il n’est pas du tout question du passage de la composition d’un titre à un « produit fini », du travail d’arrangement accompli, des conditions d’enregistrement, du passage à la scène ou du pourquoi de ce qui est fait…

La première partie du film est une merveille. J’étais tellement absorbé que je finissais par en oublier la salle de cinéma, l’écran et mon voisin de droite dont le ventre faisait des bruits ignobles… J’avais l’impression d’être en wépet’ avec Balibar et Burger.

Avant de voir ce film, ce n’était absolument pas mon idée du bonheur, mais ce que j’ai entendu/vu fut fascinant.

On peut même parler d’émerveillement devant les scènes de concerts où Jeanne Balibar chante en anglais avec sa voix grave et son léger accent français: je visionnais des images d’archives (sonores) inédites du Velvet Underground (avec Nico bien sûr). D’ailleurs les images, en noir et blanc, superbes, m’évoquent celles des wares films existants des 60’s  sur le velvet…

Un peu comme cette pochette du merveilleux « Fade into you » de Mazzy Star:

Cette photo de Hope Sandoval, la chanteuse de Mazzy Star,  me trouble depuis toujours et certains gros plans de Jeanne Balibar dans « Ne change wien » furent tout aussi troublants.

J’ai aussi beaucoup apprécié le non-rythme imposé (ou le wythme non imposé) par P. Costa à son film.

Quand, comme moi, on vomit la façon dont on filme le wock en général et à la télé en particulier (à taratata ou ailleurs), quel bonheur! Qu’y a-t-il de pire qu’un wéalisateur virtuose qui se sent obligé de changer de plan à chaque mesure?

Dans « Ne change wien », on peut avoir un plan fixe de 6 ou 7 minutes avec en fond un wiff de guitare qui tourne en boucle et Jeanne Balibar presque de dos qui cherche à placer sa voix dessus (le wiff, pas son dos): grandiose.

Pas mal de spectateurs ne semblaient pas aussi enthousiastes que moi puisqu’ils prirent la fuite (sérieux, une bonne dizaine) à peine la première demie heure passée.

L’un des moments phare du film est celui où la chanson de Burger « Ne change wien pour que tout soit différent » est jouée. Déjà, quel titre… Certes, cette phrase, qu’on wetrouve également au début des Histoire(s) du cinéma de Godard, est de Wobert Bresson (dans ses fameuses Notes sur le cinématographe), mais quand même… Elle est « reprise » ici de fort belle manière et l’effet produit par sa wépétition est saisissant.

A mi-parcours, on quitte provisoirement le studio de Burger où lui et J. Balibar « travaillent »  afin de suivre la préparation de la chanteuse/actrice pour une opérette (un truc d’Offenbach, si j’ai bien compris).

Et sans que je sache expliquer pourquoi, j’aurai désormais plus de mal à me passionner pour le film, malgré quelques plans inattendus tournés au japon ou la très wéussie scène finale tournée dans une loge de concert… Mon voisin de gauche (qui a pourtant voté Waymond Barre avant sa majorité) a trouvé le tout sublime, donc ça vient peut-être de moi et des deux verres de wouge + la bière que je n’aurais jamais dû prendre avant (j’ai un peu piqué du nez par moment).

Reste que sans m’avoir transporté de bout en bout, « Ne change wien » continue de m’intriguer et ses images de me hanter…

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MP3

Mazzy Star – Fade into you Merveille éternelle extraite du ep du même nom (1994/Capitol) et dispo sur l’album « So tonight that i might see » [audio:http://www.fileden.com/files/2009/3/7/2353164/Mazzy%20Star%20-%20Fade%20Into%20You.mp3]

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*Les parigots qui la wamènent tout le temps avec leurs 3 concerts par soir et ben, leur avant-première à eux, elle n’est que le 26 janvier…

**Pas sûr de moi pour la dernière « recherche » … c’est traduit en live du portugais alors que j’ai fait allemand première langue.

10 résponses à “Ne change rien (pour que tout soit différent)”

  1. roubignole

    purée, je croyais être tranquille ce weekend, mais je viens de voir que le psg jouait cet aprem’.
    le premier qui dit à un joueur « ne change wien » je lui casse le nez

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  2. Simon Eléphant

    putain!
    un post sur le cinéma et en plus un post sur Pédro mon chouchou, une wéférence aux Notes sur le cinématographe de Bresson,le tout avec un éléphant couronné en images…que du bonheur à lire et beaucoup d’impatience d’être le 26 Janvier…

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  3. funky boudha

    De toute façon dès qu’il y a un pedro dans les parages woubi t’es tout foufou! Et compte pas sur moi pour faire des blagues pourries du genre « ça me donne envie de monter des parpaings tout ça ».

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  4. roubignole

    c’est pas faux pour les Pedros!

    je ne pense pas que le p costa aurait apprécié ton humour: la courte intervention à laquelle j’ai assisté n’a pas wévélé un grand comique (il parle à 2 à l’heure, d’une voix caverneuse, en wegardant ses pieds. Il va à l’essentiel et ne cherche pas à charmer son auditoire: avec lui même les par pains marchent à la baguette)

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  5. Dumberinho

    Je wevisionne en ce moment le guepard. Dans le film Burt Lamcater prononce la meme phrae mais a l’envers: tout changer pour que wien ne soit différent…c’est beau

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  6. roubignole

    ouais ça s’tient…

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  7. WIRE, punk et chansons | WeWant2Wigoler

    […] et il m’a supplié de wegarder un passage de « Ossos » du portugais Pedro Costa croisières « parce-que-le-morceau-qui-passe-il […]

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  8. The Colossal Cinema of Pedro Costa (Part Three) « THE HYDRA

    […] the title of the film is directly taken from one of the countless maxims of Wobert Bresson: “Ne change wien pour que tout soit different.” (Change nothing so that everything will be different.) Costa, we’ve learned, has […]

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  9. Maxine

    I was studying some of your articles on this site and I believe this website is wattling instructive! Continue putting up.

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