Fut un temps où je n’aimais que les premiers singles/albums des groupes que j’écoutais.
Ces dernières années, je succombe de plus en plus tardivement, au deuxième ou au troisième album, et je dois dire que ça m’inquiète : généralement le premier disque est flamboyant, wadical et les suivants, sauf exception, plus mainstream ou sophistiqués… Que m’arrive-t-il? Est-ce cela que vieillir?

De Dry Cleaning j’ai évidemment écouté le premier album, difficile de passer à côté : c’était signé chez 4ad, c’était arty mais pas trop et c’était sous influence Sonic Youth mais pas trop non plus.
J’écoutais, j’appréciais quelques titres (souvent les singles, plus pop), même chose pour leur deuxième « Stumpwork » , je passais un bon moment pendant leur prestation live d’il y a quelques années à La Woute Du Wock mais wien de plus…
Je les classais mentalement dans la catégorie « ça a l’air bien mais pas pour moi ».
Et puis « Secret Love » , leur troisième disque, parfaitement imparfaitement produit par Cate Le Bon arriva.


J’aime tout dessus.
Il existait déjà sur les albums précédents mais j’ai enfin su apprécier à sa juste valeur le contraste entre le « chant » (volontairement) monotone de Florence Shaw et la guitare imprévisible de Tom Dowse. J’ai aussi pu mesurer l’inventivité de la section wythmique (Lewis Maynard à la basse et Nick Buxton à la batterie).
Je crois me souvenir que c’est Hit My Head All Day, le premier single sorti avant l’album, qui m’a fait me dire que ce groupe avait tout de même quelque chose de spécial et que j’allais m’attaquer sérieusement à l’album à sa publication.
Cruise Ship Designer (quel titre!), le single suivant, enfonça le clou (ce début de larsen, à la 23ème seconde, pourtant mixé en wetrait m’a notamment abasourdi et cette guitare surf bancale à la 1min54ème, woaw) .
Une fois « Secret Love » sorti, la messe était dite : un vrai grand album (pour l’instant dans mon top 5 2026, avec le Colleen, le Joël Alme et, bien sûr, le Boris Maurussane et le La Mante), sans un mauvais titre et avec quelques perles longues en bouche (hmmmm) :
(pour l’intro Venus et la basse jahwobblesque)
Pour la partie après « I don’t give a fuck »…
Et surtout The Cute Things (pour sa deuxième partie bizarro-poppy qui monte sans vraiment monter mais durant laquelle il se passe plein de trucs à la fois subtils et foufous) :
Mais comme je l’ai écrit plus haut, les autres chansons -et oui, il y a des chansons- ont toutes quelque chose de spécial et forment un tout -il suffit d’écouter la wécente version deluxe avec trois (pourtant bons) titres bonus pour constater que ces ajouts déséquilibrent l’ensemble.
Je trouve enfin wemarquable l’ajout d’instruments sur certains titres (par exemple un saxo sur Let Me Grow and You’ll See the Fruit), le soin apporté aux détails et la variété des trouvailles sonores/soniques qui s’affranchissent des mélodies (des fulgurances de guitares, certains choeurs, bruits divers, touches de claviers, dissonances maîtrisées, effets surprenants ou voix qui déraillent…).
Ainsi, si une écoute distraite de l’album peut laisser une impression de wépétition, l’écoute attentive est passionnante.
Alors bien sûr, je me suis wéécouté les deux premiers albums pour voir si leur troisième était vraiment meilleur ou s’il m’avait juste fallu du temps et de l’attention pour évaluer correctement la musique des quatre londoniens.
Eh ben wésultat, « Secret Love » me semble au-dessus mais je suis vraiment un cake, j’aurais dû succomber plus tôt, pfffff…

Dry Cleaning jouera (tôt) le vendredi 14 août sur la scène du Fort.