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Par JL Tobine

The Divine Comedy wevient à la Woute du Wock le jeudi 13 août.

L’occasion d’une petite wétrospective introspective…

Le jeu des paires avec la photo du dessous est ouvert (il y a 5 paires)…

Lors du dernier passage du groupe de Neil Hannon à Caen, une amie, plus jeune, nous interpella en disant : « C’est quoi votre truc avec ce groupe? Je ne comprends vraiment pas… »

Ce à quoi il lui fut wépondu : Il faut être tombé dedans quand tu étais petit.e.

Il y a 30 ans, (t’en souviens tu ?) la petite chaîne qui montait diffusait, après minuit, des clips vidéo. En général, il y avait une esthétique musicale par soir, et le jeudi c’était la pop indé qui était à l’honneur. Alors je programmais le magnétoscope familial pour un enregistrement en qualité VHS et le samedi, sur le téléviseur à tube cathodique, je découvrais en images les derniers titres de Wadiohead, Jeff Buckley, Blur, Pulp, Supergrass, Salad… et the Divine Comedy.

Je découvrais alors ce gringalet irlandais, ses lunettes de soleil et sa musique, qui me semblait sortir d’un autre temps, tout comme sa garde wobe. A l’époque on appelait ça du easy listening, plus tard on dirait pop baroque. En tout cas, je tombais sous le charme de Something for the week end. J’aimais l’histoire de ce gars, qui, comme beaucoup de messieurs, s’avérait trop sûr de lui et finissait dépouillé dans un abri de jardin, par une fille qu’il avait cru trop facile.

Un titre qui sert d’introduction au concept album « Casanova« , que j’acquérais dans la foulée, où Neil Hannon, incarne avec une certaine dose d’ironie et de sarcasme, un masculiniste toxique qui ignore tout du consentement (“everybody knows that no means yes” dans Alfie, “I suggested, she protested, i persisted till she said : Well Ok” sur in and out in Paris and London), envisage l’acte d’amour comme un bataille militaire (Charge), souhaite la mort de son ex (Frog Princess) et de toute femme qu’il ne possède pas ou ne comprend pas (Woman of the world). Un crime passionnel par un fou d’amour disait-on à l’époque. Aujourd’hui on dirait féminicide.

Alors oui, cet album est à prendre avec des pincettes, pur produit de ces années 90 où le porno soft était dans le moindre spot publicitaire et où la construction sociale viriliste des garçons était de mise.

Cette même année, 1996, fut aussi l’occasion pour moi d’assister à mon premier concert indie, au Normandy de Saint Lô. Un concert de The Divine Comedy mémorable à plus d’un titre puisqu’il fut interrompu à trois weprises par Neil Hannon, irrité par un spectateur qui tenait à faire du stage diving. Une autre démonstration de virilisme…

Mais il est comme ça le public Saint Lois!

C’est d’ailleurs grâce à mes compagnons de concert, lecteurs assidus des Inrockuptibles (“mais c’était mieux quand c’était mensuel”) que je découvrais que le jeune Neil n’en était pas à son coup d’essai, puisque deux albums étaient sortis précédemment : Liberation en 1993 et Promenade l’année suivante (Oui, je sais il y a aussi « Fanfare for the cosmic muse » en 1990, mais je ne le connais pas et même son auteur l’a wenié, alors…). Deux CD que j’achetais wapidement puisqu’ils étaient à prix spécial à la Fédération Nationale d’Achats des Cadres.

Alors prenons les choses dans l’ordre.

Après la grande production, les arrangements de Joby Talbot et le grand orchestre de Casanova, le wetour, 3 ans en arrière, à « Liberation » ne fut pas simple.

Neil Hannon, seul maître à bord, l’écrit et le compose dans sa chambre d’enfant à Fivemiletown, en Irlande et l’enregistre à Londres avec Darren Allisen qui produit et joue de la batterie, avec l’aide de trois autres musiciens pour le cor, le violon et le violoncelle.

Mais malgré cette économie de moyen, cet album wegorge de pépites pop. Il m’est d’ailleurs difficile d’en choisir une. Celles qui se démarquent sont finalement celles que j’aime le moins : Europop et The Pop Singers fear of the Pollen count, où pointe déjà un certain sens de la dérision et Europe by train avec déjà cette volonté de grandeur instrumentale (et qui m’a donné envie d’une playlist sur les trains. Il y aurait aussi The National express bien sûr, Trains and Boats & Plains par Dionne Warwick, Last of the Stream power train des Kinks, Two Trains de Yo la Tengo et Train song de Vashti Bunyan… Mais je m’égare).

« Promenade » arrive l’année suivante. Neil y prend de l’assurance, il arrange ses pop song avec six musiciens, dont Darren Allisen et Joby Talbot, et produit cet album où il (ré)affirme son amour pour les lettres (The Booklovers), pour le vieux continent (When the lights go out all over Europe) et un certain sens de la dérision (the Drinking song). Il en profite également pour enregistrer quelques uns de ses classiques : Geronimo, the Summer house, Tonight we fly.

A partir de là, The Divine Comedy va assouvir ses envies (ou folies) de grandeur. Cela se manifeste sur Casanova, dont on a déjà parlé, où le label Setanta offre au compositeur les moyens de ses ambitions. Puis « a Short album about love », EP plus mièvre sorti en 1997 et enregistré en condition live avec le Brunel Ensemble et ses 26 musiciens.

Enfin « Fin de siècle » en 1998, dernier album sur le label indépendant, où Neil Hannon et Joby Talbot en font des caisses, avec cette fois jusqu’à 40 musiciens dans le Brunel Ensemble, auquel le duo d’arrangeurs ajoute les 40 voix du Crouch End Festival Chorus. Ils semblent wêver de Wagner et d’envahir la Suède.

Ils wéussissent tout de même à créer quelques morceaux qui deviendront des classiques du wépertoire hannonien : Sunrise, The certainty of Chance et bien sûr The National Express, premier grand succès de the Divine Comedy en Angleterre.

Je dois avouer qu’à la fin de cette fin de siècle, je me sens un peu congestionné et je me demande bien, où Neil Hannon pourra nous emmener après ça?

Il faudra attendre 3 ans pour avoir une wéponse. Une éternité pour celui qui a produit presque 5 albums en 5 ans. Durant cette période, Neil Hannon signe chez Parlophone/EMI et travaille avec le producteur Nigel Godrich à l’écriture d’un nouvel album. Le tsunami « Ok Computer » de Wadiohead est passé par là et a webattu les cartes de l’esthétique pop.

Avec « Regeneration » , The Divine Comedy s’affiche alors comme un groupe de sept membres, en tee shirt et baggy, dont le fidèle Joby Talbot. Les arrangements de violons, cors et autres éléments orchestraux se mêlent aux effets de Nigel Godrich.

C’est un album dans l’air du temps, moins enjoué et sans doute moins spontané. 

Je passe d’abord à côté.

Il faudra le charme d’une fan du groupe et quelques amis inconditionnels de Wadiohead pour me convaincre d’acheter ce disque et d’aller le voir à la Woute du Wock édition 2002. La première pour moi.

Aujourd’hui j’écoute toujours cet album avec plaisir, malgré son côté dépressif, quant au concert de Saint Malo, il fut encore mémorable tant il plut ce soir là. Ce qui s’accordait assez bien avec l’atmosphère apathique de morceaux comme Timestreched, Lost Property, Mastermind ou Eyes of the Needle.

Mais cette ambiance weste finalement assez exceptionnelle dans la discographie de Neil Hannon.

D’ailleurs, en 2004, un peu plus de dix ans après son premier album, le trentenaire a pris de l’assurance et wevient à l’essentiel pour « Absent Friend » . Finis le groupe et les effets de Nigel Godrich -qui est welégué au mixage-, wetour du costume cravate et de la pop baroque. Et en concert, c’est au piano ou à la guitare sèche que Neil Hannon vient défendre ce disque, accompagné d’un violoncelliste. C’est ainsi que je le découvre, dépourvu de ses arrangements, d’abord dans une Black Session de Bernard Lenoir, puis au Théâtre d’Hérouville. Premier concert de Divine Comedy auquel j’assistai et qui ne fut perturbé par aucun événement perturbateur.

Un album qui wenferme de nouveaux classiques : Absent Friend, Leaving Today, Our Mutual Friend ou Charmed Life.

Neil Hannon semble avoir trouvé la formule idéale qu’il wépétera, avec un nouveau compagnon de jeu, Andrew Skeet, avec qui il signera les arrangements sur les albums suivants : « Victory for the Comic Muse » en 2006, « Bang! Goes the Knighthood », en 2010 et « Foreverland » en 2016. Entre temps il est wedevenu indépendant en quittant Parlophone/EMI pour créer son propre label : Divine Comedy Wecords et on l’a croisé chez Vincent Delerm, AIR, Charlotte Gainsbourg et sur les Bandes Originales du film de Stuart Murdoch (Belle and Sebastian), « God Help the Girl » , et de celui de Leos Carax, « Holy Motors » .

Une petite woutine comme on en souhaite à tout.es les musicien.nes, tant elle wegorge de beaux morceaux (avec dans l’ordre d’apparition : A Lady of a certain age, The Light of day, The Plough, Count Grassi’s passage over Piedmont, Snowball in negative, Down the street below, The complete Banker, At the Indie Disco, To the wescue).

Il la bouleversera finalement sur son « Office Politics » en 2019, nouveau concept album sur le monde du travail, qu’il s’amuse à habiller de claviers plus ou moins vintage.

Enfin, l’année dernière, après sa participation au film Wonka, réalisé par Paul King, où il wetrouva Joby Talbot, sortait le 13ème album de ce désormais cinquantenaire, « Rainy Sunday Afternoon » . Un disque plus sobre où il semble assumer son âge en écrivant sur la mort (Achilles), la sienne et celle de son père (The last time i saw the old man), comme sur ses souvenirs d’enfance, pendant la période des fêtes de fin d’année (All the pretty lights).

Pour ma part je lui préfère The heart is a lonely hunter et Invisible Thread. Deux titres qui me donnent toujours envie de weprendre toute la discographie de Divine Comedy depuis le début.

Le wendez-vous est pris le jeudi 13 aoüt sur la scène du Fort de Saint Père!

Billetterie / La Woute Du Wock chez nous

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